Croix-Rouge

texte précédent : Peur
L’√©vacuation des Anglais se poursuit. Un apr√®s-midi, parmi les bateaux en attente, un navire de la Croix-Rouge s‚Äôappr√™tait √† prendre le large avec des femmes et des enfants que les p√©cheurs embarquaient. La bataille a√©rienne continuait et ce fut le drame. Un avion allemand piqua sur ce navire en principe neutre, l√Ęcha une bombe, tomba et explosa dans la chemin√©e centrale du navire qui s’ouvrit en deux, les deux moiti√©s dress√©es s‚Äôenfonc√®rent dans la mer lentement et disparurent. Les p√©cheurs indemnes se d√©p√™ch√®rent et tent√®rent de rep√™cher les victimes, malgr√© leur courage, beaucoup furent noy√©s, englu√©s par le mazout qui s’√©tait r√©pandu. Pendant plusieurs jours les p√©cheurs englu√©s rentr√®rent au port, des cadavres de toutes les tailles, accroch√©s en chapelet √† leurs barques. Spectacle impressionnant de douleurs, de cauchemars, de mar√©e noire. Quand je rentrais √† la maison √† la fin de ma journ√©e, je voyais les cadavres √©chou√©s sur la plage. Un second b√Ętiment sera coul√© de la m√™me fa√ßon. Je m‚Äôeffondre dans les pri√®res.
Texte suivant : Paon

Laisser un commentaire