Le cimetière

Le Samu, les pompiers, la gendarmerie, la morgue,
C’est devenu silencieux ? Ne trouves-tu pas la vie éphémère ?
Est-ce la tranquillité de l’Âme ? Du grain de poussière ?
Nous te conduisons, vers ta maison, au son de l’orgue.

Nous t’avons choisi un endroit ombragé l’été.
L’hiver pas trop éloigné de l’église un peu froide,
Quelques feux follets te réchaufferont les pieds,
Soulageront ton mal, comprimés contre tes camarades.

Tu as laissé tant de cœur vide en partant prestement,
Nous avons dû nous organiser dans la douleur,
Le vivant et la mort se déchirent l’enterrement,
Des moments durs de regrets et autant de pleurs

Te voilà arrivé dans ton jardin printanier, esseulé,
Du monde autour de toi, la neige des fleurs tombe aussi,
Des âmes perdues te tendent la main sans animosité,
À leur tour de te montrer le chemin, allez déguerpi.

Dans une allée, il y a des individus, assis sur un banc,
Ils viennent rendre visite à la famille aux aurores,
Et le dimanche, ils plaisanteront d’une bière en rentrant,
Ce n’est pas un jeu de mots, ils ne boivent pas de blanc.

Coin paisible où nichent les oiseaux et leurs chants,
Tous viendront accompagnés du soleil réchauffer ta tombe,
J’ai regardé au-dessus de toi, un arbre florissant,
De minuscules fleurs où nichent des colombes.

Ne sois pas étonné, les écureuils roux, ici, sont logés,
Ils batifolent entre les tombes, préviens les taupes,
Les pâquerettes fleurissent les stèles abandonnées,
Elles retournent le terrain, enfin, le cimetière agréé.

Si tu te poses un peu, tu composeras avec les jardiniers d’ici,
Ils creuseront encore, ils viennent tôt le matin se voûter,
Renseigne-toi des nouveaux arrivants un-une ami-ie,
Ou ennemi-es des gens en deuil à la tête penchée.

Les cyprès et les peupliers parlent entre eux sans cesse,
Le vent, la pluie, les saisons effacent tous les soucis d’avenir,
Un verre de rosée, de gel le matin, c’est bon pour le faciès,
Un peu de mousse, de marbre et de grès te va à ravir.

Je te laisserai Âme défunte dissimulée par la brume,
En compagnie des gisants, mes tombeaux préférés,
Il ne faut pas oublier de respecter la mort et ses coutumes
Ici, les chats ne sont pas admis, ils traînent en suppliciés.

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