4-.Introduction

Danielle signe une décharge hospitalière. Cheveux blancs défaits, yeux cernés, elle sourit. « Venez ? » Il resta un moment silencieux, attendant sa réponse. Comprenant cet appel, elle lui prêta sa main. Attendri, il s’inclina, d’un baiser, son menton à peine l’effleura. Stop ! Reprenons du début.
Furtif ses doigts frôlent sa peau. Sa voix résonne dans sa tête en écho, se sauve dans le lointain et fugitif ses regards n’osent plus croiser les siens.
Elle s’enivre de cette source de fraîcheur, sentant déjà le vent du soir de cette fin de saison et l’éclat des vagues sur les rochers, lui rappellent leurs bouchons de champagne.
Une journée de plus sans ses écritures, ses yeux cherchent sans cesse ses lignes de lectures. Elle répondait comme une gamine devant un paquet de bonbon, encore un, promis ; c’est le dernier. Saisit-il qu’elle ne l’oubliera jamais ! Mots enfermés dans ses neurones, axones et dendrites fatigués.
Elle semble si souvent absente, son corps ici, mais son âme vagabonde en dehors de leur château. Se profile le décor dans sa langue de Molière. Elle ne jure que par Oscar Wilde. Son cerveau peint aux effets de lumières et d’atmosphères de William Turner.
Des soirées d’hiver à écouter le feu crépiter dans la cheminée, ils regardaient les particules légères glacées, tomber par la fenêtre à croisées du froid protégé. Son prince se penchait sur son épaule, étendait de sa bouche ses baisers silencieux, embrasé. Et dans l’âtre leurs cœurs, ce feu que l’on appelle amour, brûle, son esprit sans soucis d’avenir, aujourd’hui, se meurt à petit feu.